Annonce de parution – À la découverte de la Hollande dans les années 1760-1770

À La Découverte de la Hollande dans les années 1760-1770 : Pierre Famin, Emmanuel de Croÿ-Solre, François-César Le Tellier, Jean-Marie Roland de la Platière, Gabriel-François Coyer.
Textes réunis et présentés par Madeleine van Strien-Chardonneau, Paris, Société française d’étude du dix-huitième siècle, 2019.

Les textes réunis de ce volume décrivent la Hollande telle qu’elle est perçue par six voyageurs français dans la décennie 1760-1770, époque où l’on voit progresser les voyages d’agrément grâce à la paix retrouvée en Europe après la guerre de Sept Ans et à l’amélioration des infrastructures.

Certes, le pays n’est pas terra incognita : dès la fin du 16e  siècle, le « miracle hollandais » admiré par le duc de Rohan intrigue les voyageurs français. Descartes vante auprès de Guez de Balzac les mérites d’Amsterdam, la liberté dont on y jouit, mais aussi la simplicité et la pureté des mœurs. Les huguenots qui y ont trouvé refuge contribuent à renforcer cette image idéalisée qui perdurera jusqu’à la fin du 18e siècle. La Hollande continue, malgré un déclin certain, à fasciner le voyageur par son opulence, par sa « singularité » : pays « amphibie », créé par l’homme, c’est aussi l’une des rares républiques en Europe.

Deux textes sont édités dans leur totalité : celui de Pierre Famin (1760), très informatif sur les aspects matériels du voyage, témoigne, en raison des nombreux contacts du diariste, de la sociabilité transnationale des milieux négociants ; dans sa relation (1769), Gabriel-François Coyer s’affiche en « voyageur philosophe », recherchant en Hollande « les prodiges des arts utiles, ceux du commerce et d’un bon gouvernement ».

Les extraits complètent ces textes. Roland de La Platière (1768), admire comme Coyer le régime républicain, mais, à la différence de ce dernier idéalisant une société aux valeurs bourgeoises, témoigne d’un manque total d’affinités avec les Hollandais. Emmanuel de Croÿ-Solre (1761), perçoit la Hollande sous un jour idyllique. Touriste avant l’heure, il fait de nombreux achats, estampes, café et thé ou bibelots des Indes. La relation du marquis de Courtanvaux (1767) illustre la sociabilité savante d’Ancien Régime en évoquant ses contacts avec universitaires et amateurs éclairés. Pour d’autres voyageurs ce sont les compétences des Hollandais dans la lutte contre les eaux ou les cultures florales (Anonyme 1770) qui retiennent leur attention, sans oublier l’attraction exercée par les maîtres de l’école flamande et hollandaise.

 

 

 

 

 

 

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